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Matthieu ARCHAMBEAUD de Farming Communication
Matthieu ARCHAMBEAUD travaille depuis quatre avec Frédéric THOMAS, il nous présente ici sa vision des problèmes énergétiques en relation avec l’agriculture. Traiter en encadré :
Effet de serre et réchauffement Les émissions de gaz à effet de serre sont majoritairement le fait des USA, mais aussi de la Chine qui est actuellement en train de les dépasser. Le climat de la terre est en train également de changer. On assiste à un réchauffement global. Des courants marins comme le Gulf Stream agissent significativement sur cette modification du climat. Les hydrates de méthane, libérés par la fonte des glaces sont des gaz à très fort effet de serre également. Toutefois, ce n’est pas la première fois que la planète subit des modifications. Il est évident que des adaptations viendront. La consommation énergétique depuis la dernière guerre s’est essentiellement faite avec du carbone organique non renouvelable (charbon, gaz, pétrole). Actuellement, la Chine est en train de dépasser le niveau de consommation énergétique des USA. La part d’énergie renouvelable (hydraulique, solaire, bois) reste très faible. L’avenir du pétrole Des années 60 à 70, l’évolution de la consommation du pétrole a suivi l’évolution de la population. Depuis les années 70, la consommation énergétique s’est considérablement accrue, sous l’évolution des populations chinoises et indiennes. L’après pétrole est-il arrivé ? De nombreux experts se contredisent sur ce fait, mais il est évident que cela viendra un jour et que nous sommes mal préparés à cette alternative. Le charbon et le nucléaire nous permettent de produire notre électricité. Les recherches sur l’hydrogène n’ont pas encore abouti à des solutions opérationnelles. L’énergie renouvelable (75% de bois) représente 10 % de l’énergie consommée. Même l’éolien au Danemark ne représente que 1,3 % de son énergie. Ce système instable s’accompagne d’ailleurs d’une forte pollution, car cette source d’énergie doit être complétée par des centrales thermiques, particulièrement « gourmandes » en pétrole. Parmi ces nouvelles formes énergétiques, le solaire est pénalisé par le fait qu’on ne puisse pas le transporter. Bilan énergétique des biocarburants Les études de bilan ont montré la prudence qu’il fallait avoir avec ce type de produits. Les énergies nettes, prenant en compte notamment les fertilisations des cultures, indiquent des rendements énergétiques d’un faible intérêt. Il faudrait 2,55 Mha pour satisfaire le plan biocarburant à l’horizon 2010, avec 7% d’incorporation, si on comptabilise les énergies brutes. Le fait de comptabiliser les énergies nettes porterait ces surfaces à 4 Mha. Cet écart provient essentiellement de la prise en compte des consommations d’énergie intermédiaire dans les distillations. L’effet des biocarburants sur l’effet de serre ne, serait pas aussi bon qu’annoncé. Si l’E85 réduite les GES (gaz à effet de serre) de 40%, il n’en est pas de même de l’E5, développé en majorité chez nous, qui ne les réduirait que de 2%. En fait, on s’aperçoit que 1 tonne de blé peut se substituer à 0,33 Tep de biogaz ou à 0,18 à 0,24 Tep d’éthanol ou à 0,36 Tep de combustible. Sur le papier, ces 3 rendements sont mauvais. Les biocarburants de 2ème génération : Annoncés pour suppléer aux premiers biocarburants, ces produits présentent aussi quelques d’interrogation. En premier lieu, les consommations d’engrais nécessaires à leurs productions qui ont pour origine du carbone fossile. 1 kg d’azote nécessite 1 kg de pétrole pour sa fabrication. L’EFMA (organisation des producteurs d’engrais) prévoit une surconsommation de 2,5 % d’engrais pour ces biocarburants. L’autre inconvénient reproché aux biocarburants de seconde génération est qu’ils monopolisent la biomasse que les agriculteurs préfèrent laisser au sol pour contribuer au maintien des taux de matière organique dans le sol.. Changer nos habitudes Face à ces interrogations, « économiser l’énergie » devrait être le mot d’ordre. Des experts n’hésitent pas à dire que la taxation sur le pétrole est aujourd’hui insuffisante, car elle ne favorise pas les changements d’habitude. Les énergies de substitution sont en effet très lentes à se mettre en place. Le bois est une énergie renouvelable, mais les populations africaines, dans des régions désertiques la considère comme non renouvelable car longue à se régénérer. L’accélération de la déforestation dans certains pays en voie de développement, notamment en Afrique est d’ailleurs inquiétante. Il faut savoir que le bois combustible représente en France 9 Mtep par an. Le premier objectif non atteint des biocarburants représente 2,9 Mtep. La simple utilisation du bois à foyer ouvert procure 15% de rendement, alors que le foyer fermé procure 70 à 90 %. Des informations à ce niveau permettraient d’économiser facilement 30 % du bois pour la même énergie, soit l’équivalence du plan biocarburant… sans affecter le débouché alimentaire. Quel défi pour le XXI e siècle ? La population est en train de croître de façon exponentielle. Pour nourrir les 9 milliards d’humains en 2050, il faudra multiplier notre production par 3, du fait de l’augmentation de la population mais aussi de la modification des régimes alimentaires. D’après la FAO, de 1960 à 2000, la surface agricole mondiale a augmenté de 2,5 % ; la population à augmenté de 18 % ; et la consommation de 27 %. L’agriculture a jusqu’ici su répondre à cette évolution. En 1960, il fallait 3000 m2 pour alimenter une personne, aujourd’hui, il faut 2000 m2 et en 2030, il faudra 1500 m2. En France, de 90 à 2000, la population a évolué de 3%, le tissu urbain s’est réduit de 22 % et le périurbain a augmenté de 50 %. Ce qui se traduit par un doublement des transports sur les lieux de travail et donc une consommation plus forte d’énergie. Parmi les éléments limitant à surveiller dans notre développement, il y a : la dégradation des sols, l’eau, la biodiversité. Ces problèmes devront être surveillés de très près, car nous assistons sur ces dernières décennies à des gestions peu rigoureuses de ces facteurs essentiels à notre survie. L’avenir de l’agriculture Il est évident que celle-ci va devoir produire plus. Entre 1960 et 2000, la production a augmenté de 250 %, alors que la consommation d’engrais a été de 660 % pour un rendement moyen de 230 %. Les rendements montrent toutefois un plafonnement depuis quelques années. Dans toutes les études prospectives réalisées, on s’est rendu compte que la solution viendra de la simplification du travail du sol, et du respect de la vie du sol qui tout en favorisant sa fertilité devrait permettre d’utiliser moins d’intrants. Les cultures légumineuses, avec le respect de leur place dans les rotations, constituent également une solution de durabilité. En conclusion, l’agriculture que nous devons développer pour faire face aux enjeux actuels, doit se rapprocher d’une agriculture durable. Le concept des bioénergies doit être étudié avec attention. Les solutions actuelles (première et deuxième génération) ne paraissent pas les mieux adaptées. |
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